Psychologie et alchimie selon Jung et Pauli : vers l’unité de l’esprit et de la matière

Pourquoi Carl Gustav Jung, l’auteur de Psychologie et alchimie (1944), et le physicien Wolfgang Pauli se sont-ils intéressés à l’alchimie ? Comment un psychiatre et l’un des fondateurs de la physique quantique en sont-ils venus à collaborer pendant plus de vingt-cinq ans autour d’une tradition ancienne ? La réponse tient au problème psychophysique : comprendre comment l’esprit et la matière, généralement considérés comme deux réalités distinctes, peuvent participer d’un même ordre fondamental. Dans L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre, j’examine comment leur dialogue conduit à une transformation majeure de la théorie de l’inconscient.

Bruno Traversi — chercheur au LASRET et chercheur associé à l’Université de Lille, spécialiste de la psychologie de C.G. Jung

Quelle est la relation entre Carl Jung et l’alchimie ?

L’alchimie occupe une place essentielle dans les recherches de Carl Gustav Jung. Elle constitue même une étape décisive dans l’évolution de sa conception de l’inconscient.

On associe généralement l’alchimie à la recherche de la pierre philosophale, à la transmutation des métaux ou à la fabrication de l’or. Mais l’œuvre alchimique possède une autre dimension : la transformation de la matière s’accompagne d’une transformation de celui qui accomplit les opérations.

Le travail de l’alchimiste engage ainsi simultanément la matière et l’esprit.

C’est précisément cette relation qui retient l’attention de Jung.

En étudiant les textes de l’alchimie occidentale, notamment ceux de Gérard Dorn et de Paracelse, Jung découvre que leurs auteurs ne séparent pas radicalement l’activité intérieure de l’homme des transformations qui se manifestent dans la matière.

L’alchimiste ne se contente pas d’observer un objet extérieur. Il entretient avec la matière une relation dans laquelle interviennent les processus inconscients, les images et les transformations de sa propre existence.

Jung reconnaît dans cette pratique une anticipation de sa psychologie des profondeurs.

Mais l’enjeu ne consiste pas simplement à expliquer les opérations des alchimistes comme des projections psychologiques.

La question devient plus fondamentale : si une même activité est susceptible de se manifester comme transformation psychique et comme transformation matérielle, quelle est la nature de la réalité dont procèdent ces deux manifestations ?

Cette interrogation conduit directement au problème psychophysique.

Que contient le livre Psychologie et alchimie de Jung ?

Psychologie et alchimie paraît en 1944. Jung y reprend et développe deux conférences données aux rencontres d’Eranos en 1935 et 1936.

Le livre comporte trois parties.

La première présente les problèmes psychologiques et religieux posés par l’alchimie.

La deuxième étudie une longue série de rêves d’un jeune scientifique, en relation avec le symbolisme alchimique. Ce rêveur est Wolfgang Pauli. Jung y suit l’apparition progressive du mandala, image du Soi.

La troisième examine les idées religieuses de l’alchimie, notamment la pierre philosophale et son rapprochement avec la figure du Christ.

L’ouvrage est accompagné de plus de deux cents illustrations tirées de manuscrits et de traités alchimiques.

Les étapes de l’œuvre : nigredo, albedo, rubedo

Les alchimistes décrivent l’œuvre comme une succession d’étapes, souvent désignées par des couleurs : la nigredo, l’œuvre au noir, qui correspond à la décomposition ; l’albedo, l’œuvre au blanc, qui correspond à la purification ; la rubedo, l’œuvre au rouge, qui correspond à l’accomplissement.

Jung y reconnaît les étapes du processus d’individuation : la confrontation avec l’Ombre, la clarification de la conscience et l’union des contraires, dont la pierre philosophale devient le symbole.

Pourquoi Jung et Pauli ont-ils travaillé ensemble ?

La rencontre de Jung et de Wolfgang Pauli remonte à 1932.

Pauli est alors l’un des plus importants physiciens théoriciens de son époque. Ses recherches ont profondément contribué à la constitution de la mécanique quantique, notamment par la formulation du principe d’exclusion.

Cependant, le physicien traverse une période de crise personnelle qui le conduit à entreprendre un travail analytique.

Jung lui propose d’abord de consulter Erna Rosenbaum, une jeune analyste, afin de recueillir ses rêves sans influencer leur production par ses propres connaissances des archétypes.

Ce choix possède une importance méthodologique considérable.

Le matériau inconscient doit pouvoir se manifester spontanément, sans être orienté par les conceptions du psychologue.

Au cours de cette période, Pauli rassemble une série particulièrement riche de rêves et de visions.

Jung utilisera une partie de ce matériau dans Psychologie et alchimie, publié en 1944, en préservant l’anonymat du physicien.

Mais leur collaboration dépasse rapidement le cadre thérapeutique.

Pauli découvre progressivement que son inconscient fait apparaître des structures et des représentations qui intéressent directement ses recherches scientifiques.

Il devient alors nécessaire de comprendre pourquoi l’inconscient peut intervenir dans la formation des concepts physiques.

C’est ainsi que les deux savants sont conduits à examiner ensemble le rapport entre la connaissance de soi et la connaissance du monde.

Leur correspondance, poursuivie jusqu’à la fin de la vie de Pauli en 1958, témoigne de cette recherche commune.

Le problème psychophysique : pourquoi sépare-t-on l’esprit et la matière ?

La pensée moderne repose largement sur une séparation entre le sujet connaissant et le monde matériel.

La psychologie étudie les phénomènes psychiques, tandis que la physique examine les phénomènes naturels.

Cette répartition suppose que l’on puisse distinguer deux domaines, possédant chacun leurs propriétés et leurs lois.

Mais comment comprendre leur relation ?

Les représentations psychiques permettent de connaître le monde physique. Inversement, l’activité humaine transforme matériellement ce monde.

La distinction entre les deux domaines devient particulièrement problématique lorsqu’on examine la nature des principes d’organisation qui leur sont communs.

Les mathématiques fournissent un exemple remarquable.

Les concepts mathématiques possèdent une dimension intelligible, tout en permettant de décrire les relations objectives entre les phénomènes matériels.

Faut-il alors les considérer comme de simples productions de la pensée humaine ?

Ou faut-il reconnaître qu’ils expriment des structures objectives, indépendantes de l’activité psychologique particulière des individus ?

Le problème psychophysique concerne précisément cette relation entre les formes intelligibles, l’activité psychique et le monde matériel.

Pour Jung et Pauli, sa résolution suppose de remettre en question la séparation fondamentale entre l’esprit et la matière.

L’alchimie devient alors un objet d’étude privilégié, parce qu’elle repose sur une conception dans laquelle les transformations intérieures et extérieures participent d’une même opération.

Pourquoi Wolfgang Pauli s’intéresse-t-il à l’alchimie ?

L’intérêt de Pauli pour l’alchimie ne constitue pas un simple prolongement de sa curiosité personnelle pour les traditions anciennes.

Il est directement lié à son travail scientifique et à son expérience de l’inconscient.

Au cours de son analyse, Pauli découvre que ses rêves mobilisent spontanément des représentations empruntées au domaine de la physique : ondes, champs, magnétisme, structures atomiques ou phénomènes énergétiques.

Il considère d’abord ces images comme une utilisation abusive du langage scientifique.

Il cherche à les expliquer par sa profession et par les connaissances qu’il possède déjà.

Cependant, cette interprétation se révèle insuffisante.

Pauli constate que des représentations analogues apparaissent également dans les productions inconscientes de personnes étrangères aux sciences physiques.

Il en vient à reconnaître que ces images ne peuvent être réduites à la simple reproduction de connaissances personnelles.

Elles renvoient à une dimension plus profonde de l’inconscient.

Cette découverte conduit le physicien à remettre en question ses propres présupposés.

L’inconscient ne serait pas exclusivement constitué de contenus psychologiques. Il présenterait également des structures qui entretiennent un rapport objectif avec les phénomènes étudiés par les sciences naturelles.

La rencontre avec l’alchimie devient alors décisive.

Dans cette tradition, la connaissance des transformations matérielles et l’expérience des transformations intérieures appartiennent à une même recherche.

L’alchimie constitue ainsi, pour Pauli, une anticipation du problème auquel la science moderne se trouve confrontée : élaborer une compréhension unitaire du monde physique et de l’activité psychique.

Psychologie et alchimie : les rêves de Pauli comme travail alchimique

Dans Psychologie et alchimie, Jung étudie les rêves de Pauli sans révéler l’identité du physicien.

Il souligne notamment la précision avec laquelle celui-ci observe, recueille et analyse les manifestations de son inconscient.

Ce point est fondamental.

Les rêves ne constituent pas simplement des productions imaginaires qu’il suffirait d’interpréter.

Ils deviennent le matériau d’un véritable travail d’investigation.

Dans L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre, je montre que Jung reconnaît dans cette activité les caractéristiques d’un opus alchimique.

Le travail accompli par Pauli exige une attention rigoureuse, une observation méthodique et un effort permanent pour distinguer ce qui relève de ses conceptions personnelles de ce qui se manifeste spontanément.

Ce processus est comparable à l’activité du savant qui cherche à dégager des lois naturelles indépendantes de ses préférences et de ses préjugés.

L’individuation possède ainsi une dimension heuristique : elle devient un instrument de découverte.

Le sujet ne cherche pas seulement à mieux comprendre son histoire personnelle.

Il découvre progressivement des structures objectives de l’inconscient qui peuvent renouveler sa conception du monde.

C’est pourquoi l’étude des rêves de Pauli joue un rôle si important dans l’élaboration des recherches communes des deux savants.

Le travail alchimique devient une démarche de connaissance dont les résultats concernent simultanément l’homme et la nature.

Imagination vraie et imaginaire : la distinction fondamentale de l’alchimie

L’une des difficultés essentielles dans l’étude de l’alchimie tient au sens du terme « imagination ».

Dans le langage courant, imaginer signifie généralement produire des représentations qui ne correspondent pas nécessairement à une réalité extérieure.

L’imagination est alors rapprochée de la fantaisie ou de la fiction.

Mais les alchimistes distinguent cette activité subjective d’une autre faculté : l’imaginatio vera, ou imagination vraie.

Cette distinction est fondamentale dans les recherches de Jung.

L’imaginaire produit des représentations qui dépendent de l’activité personnelle du sujet.

L’imagination vraie, en revanche, constitue une faculté permettant la manifestation de contenus qui ne sont pas fabriqués par la volonté individuelle.

Elle donne accès à une réalité objective, ordinairement inconsciente.

Dans mon étude de l’arrière-monde, je souligne que l’imagination vraie ne doit pas être réduite à une simple activité de représentation.

Elle possède une fonction révélatrice et créatrice.

Elle permet à des contenus appartenant à la dimension profonde de l’inconscient de se manifester dans l’expérience.

Cette conception rejoint la notion d’imagination agente que l’on rencontre dans certaines traditions philosophiques et mystiques.

L’imagination vraie constitue ainsi une faculté essentielle de l’opération alchimique : elle assure le passage entre le monde intérieur, le monde intelligible et la manifestation sensible.

Comment l’imagination vraie peut-elle transformer le rapport à la matière ?

Le problème devient particulièrement intéressant lorsque les contenus de l’inconscient ne se manifestent plus seulement comme des images intérieures.

Dans L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre, je distingue deux modalités de l’imagination agente.

La première est l’imagination conjointe : les images apparaissent intérieurement, dans le champ de l’expérience mentale.

La seconde est l’imagination disjointe : les contenus se manifestent dans l’espace extérieur sous la forme de choses perceptibles.

Le passage de l’une à l’autre engage un processus de spatialisation.

L’image ne demeure plus seulement présente dans l’expérience intérieure. Elle se manifeste comme une réalité avec laquelle le sujet entre en relation.

Je désigne cette manifestation par la notion de chose neutre.

Cette notion est essentielle parce qu’elle dépasse la distinction ordinaire entre objet physique et représentation psychique.

La chose neutre manifeste une réalité qui participe des deux domaines sans pouvoir être réduite exclusivement à l’un d’eux.

L’expérience alchimique prend alors une portée nouvelle.

Elle ne consiste pas seulement à transformer intérieurement le sujet pendant que celui-ci agit sur une matière extérieure.

Elle concerne l’émergence d’une réalité dans laquelle les contenus inconscients et les phénomènes sensibles participent d’un ordre commun.

L’expérience de Jung à Ravenne : un exemple d’imagination agente

Un épisode rapporté par Jung permet de comprendre cette problématique.

En 1933, alors qu’il visite le baptistère des Orthodoxes à Ravenne en compagnie d’une connaissance, Jung contemple plusieurs mosaïques qui lui paraissent appartenir à l’architecture du lieu.

Ces représentations présentent des scènes bibliques.

Mais après la visite, Jung découvre que les mosaïques qu’il croyait avoir vues n’existaient pas dans le baptistère.

Sa compagne avait pourtant partagé cette expérience visuelle.

Dans L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre, j’étudie cet épisode comme une manifestation de l’imagination agente.

Le phénomène ne correspond pas à une invention volontaire de la conscience.

Les images apparaissent spontanément dans l’espace perçu et s’intègrent à l’architecture du lieu.

Elles prennent ainsi la forme de réalités extérieures.

Ce qui rend l’expérience particulièrement remarquable est son caractère partagé.

Elle pose directement le problème de l’objectivité des manifestations de l’inconscient.

L’image appartient-elle à la subjectivité individuelle ou relève-t-elle d’un ordre commun susceptible de se manifester dans l’expérience de plusieurs sujets ?

Cette interrogation rejoint le problème psychophysique.

L’expérience de Ravenne devient un exemple de cette manifestation de l’arrière-monde, dans laquelle les limites habituelles entre intérieur et extérieur sont dépassées.

L’alchimie et l’individuation : de la transformation personnelle à la connaissance du réel

L’individuation est généralement présentée comme un processus de transformation psychologique.

Elle désigne le cheminement par lequel le sujet développe une relation plus complète avec sa vie inconsciente.

Mais cette définition ne suffit pas à rendre compte de la portée que prend l’individuation dans les recherches de Jung et Pauli.

Dans L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre, j’insiste sur sa fonction de connaissance.

Le travail intérieur de Pauli ne produit pas seulement une transformation de son existence personnelle.

Il contribue à renouveler sa réflexion sur les fondements de la physique et sur la nature de l’inconscient.

L’individuation devient ainsi une activité heuristique.

Elle permet de dépasser les limites des conceptions intellectuelles préalables pour accéder à des structures qui ne dépendent pas de la volonté individuelle.

Le rapprochement avec l’alchimie prend ici tout son sens.

L’opus engage un travail de transformation dans lequel l’activité intérieure du sujet et son rapport au monde se modifient conjointement.

Le savoir issu de cette expérience ne se limite pas à la connaissance de soi.

Il participe également à la connaissance de la nature.

C’est précisément cette articulation qui explique l’intérêt de Pauli pour l’alchimie et sa collaboration avec Jung.

Comment Jung et Pauli ont-ils élaboré le concept d’inconscient neutre ?

La correspondance entre Jung et Pauli révèle les étapes d’une transformation importante de la théorie de l’inconscient.

En 1953, Pauli adresse à Jung plusieurs lettres consacrées au statut des structures profondes de l’inconscient.

Il conteste notamment l’idée que celles-ci doivent être qualifiées de psychiques par principe.

Si elles constituent le fondement commun des phénomènes physiques et psychologiques, elles ne peuvent appartenir exclusivement à l’un de ces deux domaines.

Pauli propose donc de les considérer comme neutres.

Cette proposition rejoint les réflexions de Jung sur la nature psychoïde des archétypes.

Les deux savants parviennent progressivement à reconnaître l’existence de principes d’ordre communs à la psyché et à la matière.

L’inconscient possède ainsi, dans ses couches les plus profondes, une nature qui dépasse la distinction entre le physique et le psychique.

C’est ce que désigne le concept d’inconscient neutre.

Il ne s’agit pas d’un inconscient simplement individuel.

Il constitue un arrière-plan objectif, antérieur à la séparation entre sujet et objet.

Les archétypes, compris dans leur dimension psychoïde, deviennent les principes d’organisation de cette réalité fondamentale.

Cette conception conduit également à renouveler l’interprétation de la synchronicité.

Les relations acausales entre événements psychiques et physiques peuvent être comprises à partir de leur participation à un même ordre sous-jacent.

Pourquoi l’alchimie est-elle décisive dans cette découverte ?

Dans son étude de 1954 consacrée aux idées de l’inconscient, Pauli reconnaît explicitement l’importance de la rencontre de Jung avec l’alchimie.

Cette rencontre permet à la psychologie des profondeurs de renouer avec la question de la matière.

Elle conduit à dépasser une conception de l’inconscient exclusivement psychologique.

La transformation est considérable.

L’inconscient n’est plus seulement le domaine des représentations qui échappent à la conscience.

Sa dimension profonde devient un principe d’ordre susceptible de concerner également les phénomènes naturels.

L’alchimie joue ainsi un rôle historique et conceptuel essentiel dans l’élaboration de la pensée commune de Jung et Pauli.

Elle leur fournit une tradition dans laquelle la séparation moderne entre l’homme et le monde n’est pas encore devenue le principe fondamental de la connaissance.

Mais leur objectif n’est pas de revenir aux conceptions anciennes de la nature.

Il est d’élaborer, à partir de la psychologie moderne et de la physique contemporaine, les fondements d’une compréhension renouvelée de l’unité psychophysique.

Cette ambition conduit à la notion d’unus mundus, le monde un.

L’inconscient neutre constitue l’arrière-plan de cette unité.

Comment lire Psychologie et alchimie de Jung ?

Pour comprendre véritablement Psychologie et alchimie, il faut éviter de réduire le livre à un répertoire de symboles anciens.

Son importance réside dans la démarche que Jung met en œuvre.

Il examine les productions spontanées de l’inconscient, les compare aux représentations alchimiques et recherche les principes d’organisation qui leur sont communs.

La partie consacrée aux rêves de Pauli mérite une attention particulière.

Elle permet de comprendre comment une investigation rigoureuse de l’expérience intérieure peut devenir un véritable travail de connaissance.

Il faut ensuite replacer cette étude dans l’évolution ultérieure de la pensée jungienne.

Les concepts d’archétype psychoïde, de synchronicité et d’inconscient neutre permettent de saisir les conséquences philosophiques de la rencontre entre psychologie et alchimie.

La correspondance entre Jung et Pauli constitue à cet égard un complément indispensable.

Enfin, L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre permet d’étudier la genèse de cette collaboration et ses prolongements autour de l’imagination vraie, de la chose neutre et du problème psychophysique.

L'Arrière-monde ou l'Inconscient neutre, sous la direction de Bruno Traversi et Alexandre Mercier

Le livre

L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre

Physique quantique et psychologie des profondeurs selon W. Pauli et C. G. Jung · sous la direction de Bruno Traversi et Alexandre Mercier · Éditions du Cénacle de France

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Questions fréquentes sur la psychologie et l’alchimie

Quelle est la relation entre Carl Jung et l’alchimie ?

Jung découvre dans l’alchimie une tradition qui permet d’étudier les manifestations objectives de l’inconscient et les relations entre transformations psychiques et matérielles. Cette découverte conduit progressivement à une conception psychoïde des archétypes.

Pourquoi Wolfgang Pauli a-t-il collaboré avec Jung ?

Le physicien découvre, au cours de son travail analytique, que l’inconscient présente des structures qui entretiennent un rapport avec les concepts scientifiques. Cette découverte le conduit à examiner avec Jung le problème de l’unité du psychique et du physique.

Qu’est-ce que l’alchimie ?

L’alchimie est une tradition ancienne, à la fois opérative et spirituelle, qui cherche à transformer la matière, notamment pour obtenir la pierre philosophale. Pour Jung, elle décrit aussi la transformation de celui qui accomplit l’œuvre.

Que représente la pierre philosophale selon Jung ?

Dans la lecture de Jung, la pierre philosophale symbolise le Soi : l’unité de la personnalité vers laquelle tend le processus d’individuation.

Qu’est-ce que le problème psychophysique ?

Il concerne le rapport entre l’esprit et la matière. Jung et Pauli cherchent à comprendre comment deux domaines apparemment distincts peuvent relever de principes d’organisation communs.

Qu’est-ce que l’imagination vraie en alchimie ?

L’imaginatio vera désigne une faculté permettant la manifestation de contenus objectifs de l’inconscient. Elle se distingue de l’imaginaire, qui relève de la production subjective de représentations.

Qu’est-ce que l’inconscient neutre ?

L’inconscient neutre désigne la dimension profonde de l’inconscient qui n’est ni exclusivement psychique ni exclusivement physique. Il constitue l’arrière-plan commun à partir duquel les phénomènes psychiques et matériels peuvent être compris.

Quel livre lire pour comprendre Jung, Pauli et l’alchimie ?

Psychologie et alchimie de Jung constitue un texte fondamental. La Correspondance 1932-1958 de Jung et Pauli permet de suivre l’évolution de leur réflexion. L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre, dirigé par Bruno Traversi et Alexandre Mercier, analyse la genèse et les conséquences de leur collaboration.

Pour approfondir : L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre

L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre — Physique quantique et psychologie des profondeurs selon W. Pauli et C. G. Jung

Sous la direction de Bruno Traversi et Alexandre Mercier — Éditions du Cénacle de France.

Cet ouvrage collectif examine la genèse du concept d’inconscient neutre et ses conséquences pour la psychologie analytique et la compréhension du monde physique.

Dans mon étude introductive, je retrace notamment les étapes de la collaboration entre Jung et Pauli, l’importance de leurs échanges épistolaires, la notion d’imagination vraie et le rôle du travail alchimique dans l’élaboration d’une conception objective de l’inconscient.

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Références

  • C. G. Jung, Psychologie et alchimie, 1944.
  • C. G. Jung, Mysterium Coniunctionis.
  • W. Pauli et C. G. Jung, Correspondance 1932-1958, Albin Michel.
  • W. Pauli, Physique moderne et philosophie, Albin Michel.
  • B. Traversi, « L’Inconscient neutre ou l’Arrière-monde selon Jung et Pauli », dans L’Arrière-monde ou l’Inconscient neutre, Éditions du Cénacle de France.

Bruno Traversi

Bruno Traversi, chercheur au LASRET et chercheur associé à l’Université de Lille, spécialiste de la psychologie de C.G. Jung. Auteur de livres et d’articles sur la psychologie de l’inconscient. Diplômé de l'Aikikai de Tokyo. Président de l'Institut de Psychologie Analytique et Thanatose.

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